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Billet anti-pub?
(Sur OB, si on laisse un peu trop longtemps le blog dans les choux, la pub apparaît!)
J'en profite pour remercier celles et ceux qui m'ont fidèlement suivie sur le nouveau blog http://enlisantenvoyageant.blogspot.fr/
et rappeler aux têtes de linotte qu'il vaut mieux mettre les liens à jour.
Là bas sur blogspot, des fonctionnalités intéressantes, mais on n'est prévenu de la réponse à son commentaire que si on clique sur S'abonner par e
mail à la fin du billet (et on reçoit les autres réponses aussi, pas glop!). On peut être prévenu des nouveaux billets en renseignant Follow by e
mail (en bas de la page) , j'ai testé, ça marche! En revanche, pas de newsletter, mais comme de toute façon j'en écrivais une ou deux par an...
En bref, ce blog ci bouge encore, en tout cas je le suis d'assez près.
Ça déménage!
Ma première automobile fut une 4L sans ceinture et à trois vitesses (plus la marche arrière quand même) que je savais démarrer à la manivelle les petits matins frisquets.
Vint ensuite une 104 Pijo, dont les boulons de la roue crevée ne me résistèrent guère.
Puis la 504, toujours Pijo, la voiture de l'Afrique, goulue en huile, mais je savais l'abreuver.
Maintenant avec ma Clio pourtant pas trop bourrée d'électronique, c'est "euh, comment ouvrir le capot?", "ah bon en appuyant là je sais s'il manque de l'huile?" "pas de bougies? euh oui c'est une diesel".
Autant dire qu'avec moi il faut du simple!
De même overblog (aka un peu trop souvent overbug mais je survivais) m'avait plu pour sa facilité de prise en main. Mon design était si basique qu'on ne pouvait même pas changer son CSS (comme si j'allais m'amuser à ça!)(si, je sais le faire quand même, non mais, c'est juste que je ne veux pas).
Or donc par une fatale journée de juin, débarqua (tadaaam) une nouvelle version, en essai. Je suivis inquiète les échanges sur le forum. Je fis même une incursion sur la nouvelle plate forme. Il semblerait qu'il vaille mieux être un pro de la bidouille et des mains dans le cambouis pour en tirer quelque chose.
Non, je ne suis pas rétive à un progrès (si c'en est un), mais franchement je me moque du design (plus c'est simple, mieux c'est) , de la visibilité sur Faceb**k et autres trucs où ça gazouille. Je suis même désinscrite depuis plus d'un an du classement wikio (ex wikio d'aillleurs), c'est dire.
La mort dans l'âme, car cela m'oblige à quitter un blogounet né il y a plus de quatre ans, je migre.
Sans même les cartons, d'ailleurs. Ce blog, qui représente des heures de ma vie, ses centaines de billets et milliers d'échanges, ne sera pas récupéré sur une autre plate forme. Je n'ai pas bac+25 en bidouillage, et surtout pas le temps.
De temps en temps je reviendrai arroser les plantes voir s'il bouge encore et répondre aux commentaires.
L'aventure se poursuivra ici
enlisantenvoyageant.blogspot.fr
Au début il y aura des tâtonnements, certaines fonctionnalités overblog me manqueront (il semble que les visiteurs ne sont pas avertis de la réponse aux commentaires?)et peut être que finalement la nouvelle plateforme overblog sera tellement géniale que j'aurai des regrets?Merci d'ailleurs à ceux qui prennent de leur temps sur le forum pour essayer de résoudre les problèmes posés.
Mais tant pis, j'y vais...
Mettez donc vos pendules vos liens à l'heure, siouplait. Et à bientôt.
Le palais de verre
Le palais de
verre
Simon Mawer
le cherche midi, 2012
"L'espace de verre.
Pour le moment, il n'avait ni forme ni consistance, mais il existait déjà, diffus, polymorphe, dans leur esprit et dans celui de Rainer von Abt. Il existait à la manière des idées et des idéaux, fluctuant et abstrait. Espace, lumière, verre; peu de meubles; fenêtres s'ouvrant sur le jardin; un revêtement de sol étincelant, du travertin, pourquoi pas; du blanc, de l'ivoire, le lustre du chrome. Ces éléments changeaient, évoluaient, se modifiaient, se métamorphosaient comme dans les rêves où les formes, bien que variables, gardent leurs caractéristiques essentielles pour le rêveur: der Glasraum, de Glastraum, une seule lettre qui suffisait à transformer l'espace de verre en un rêve de verre, un rêve qui s'accordait avec l'esprit du tout nouveau pays dans lequel ils vivaient, un État où il importait peu d'être tchèque, allemand ou juif, où triomphait la démocratie, et où l'art et la science s'associaient pour garantir le bonheur de tout un peuple."
lien ici
Tchécoslovaquie, fin des années 20. Le riche industriel Viktor Landauer et son épouse Liesel font appel à Rainer von Abt pour leur construire une immense maison résolument moderne, épurée, où tout détail sera pensé harmonieusement.
Viktor étant d'origine juive, les événements des années 30 poussent le couple et leurs enfants à fuir vers la Suisse. Les années
passent, la Tchécoslovaquie subit les aléas de l'histoire, un jour Liesel reviendra dans ce qui fut sa maison (le roman s'ouvre sur cette scène)
lien ici
Voilà un roman qui au départ me faisait peur car je crains les grosses sagas familiales où l'auteur intègre trop de détails sur les circonstances géographiques ou historiques où évoluent ses héros. Là il a bien évité cet écueil, les événements du 20ème siècle sont juste évoqués (Viktor est juste un peu trop omniscient).
Dés le départ j'ai été fascinée par cette immense maison de verre décrite élégamment. Tout le long du roman, cette maison est présente et ne laisse pas ses habitants ou visiteurs indifférents.
Au fil de la lecture, je me suis surprise à m'attacher aux personnages, dévorant les pages... L'écriture de Simon Mawer, efficace, très évocatrice, y est sûrement pour beaucoup.
Des avis chez babelio,
Un grand merci à Solène P. et l'éditeur.
Je vois des jardins partout
Je vois des jardins partout
Didier Decoin
JCLattès, 2012
Si ce livre était un jardin, il serait à l'anglaise, pas d'allées tracées au cordeau, des têtes dépassent, et au détour des allées apparaissent des points de vue, des recoins, où on se perdrait presque. Decoin adore les parenthèses, les digressions, les souvenirs d'enfance, et que faire d'autre que le suivre dans cette charmante promenade colorée et embaumée?
D'emblée, cet homme est sympathique. "Empêchez-moi de lire, et j'avoue avoir dérobé, lacéré, assassiné la Joconde". "J'ai pourtant pour religion de ne jamais me mettre en route sans emporter avec moi au moins un ou deux milliers de pages à lire -la peur de manquer, quoi!"
Avec son épouse et quelques fous de jardin il appartient à la Cinquième Saison, une "association de personnes présentant les apparences de la normalité, mais qui en réalité présentent tous les symptômes d'une addiction pour les jardins en général et les roses en particulier."
En car ils sillonnent les routes (étroites et boueuses si possible) de l'Angleterre rurale à la découverte de merveilleux jardins dans les Cotswolds ou le Kent ( Sissinghurst et Vita Sackville-West, qui a dit "Personne ne peut devenir jardinier s'il n'a vécu dans l'espoir"), le retour transformant parfois leur avion en improbable jardin...
Terminons avec Flaubert et son entrée du Dictionnaire des idées reçues
"Abricots : Nous n'en aurons pas encore cette année."
Un aveu pour terminer : Toutes les photos viennent d'être prises dans mon jardin devant la maison, Didier Decoin l'appellerait un "doucet"..."J'aime les jardins un peu clochards, un peu démissionnaires (que ce soit de leur faute ou non), haillonneux, avec des pointées de ronces, au bord de l'abandon."
Pas la faute du jardin, qui continue à fournir vaillamment fleurs et fruits, mais la mienne, car je me refuse à employer du chimique pour enrayer l'avancée des "mauvaises" herbes (dont se délecte le chat), d'ailleurs les bourdonnements émanant des massifs me prouvent que les insectes ont repéré le coin!
Cependant de mauvaises langues continuent à se moquer de mon jardin, qui n'en a cure...
Les avis de Aifelle, Dominique (la tentatrice qui a inséré dans son billet des photos des coins évoqués par Decoin)
Lettre du bout du monde
Lettre du bout du monde
José Manuel Fajardo
Métailié, suites, 2012
"Le désir de l'or est une liqueur plus puissante que la plus âpre des eaux-de-vie, et son ivresse égare les sens dans son brouillard doré."
1492 : Christophe Colomb débarque sur l'île d'Hispaniola, et plus rien n'est comme avant...
Il repart en Espagne, laissant sur place une quarantaine de ses hommes, chargés de bâtir la ville de la Navidad, en gros un fortin et quelques cabanes. Les relations avec les indiens accueillants et pacifiques sont sans problèmes, mais les espagnols sont fortement intéressés par l'or qu'ils pensent exister quelque part sur l'île. La soif de l'or crée des dissensions entre eux, un groupe d'hommes dont fait partie Domingo Perez, le narrateur de cette longue lettre (à son frère, mais lui parviendra-t'elle un jour?) s'enfuit et parcourt côte et forêt touffues à la recherche d'une problématique mine d'or.
Au fil du temps les Espagnols, obnubilés par leur désir de l'or, maltraitent les indiens qui pourtant les aident et les accueillent, et c'est le début de la fin d'un âge de cohabitation sereine. Domingo reste en retrait, attiré par une jolie indienne et le mode de vie des indiens.
Un très beau texte, court, qui narre dans une langue souple et belle le choc de deux civilisations et un grand ratage. Un roman d'aventures, aussi, qui court vers une conclusion implacable. Comment mieux comprendre ce qui s'est passé juste après la découverte de l'Amérique. Pas vraiment à mettre au crédit des européens.
Du même auteur : Mon nom est Jamaïca Les Imposteurs
Les ignorants
Les ignorants
Récit d'une initiation croisée
Etienne Davodeau
Futuropolis, 2011
"Etienne Davodeau est auteur de bande dessinée, il ne sait pas grand chose du monde du vin.
Richard Leroy est vigneron, il n'a quasiment jamais lu de bande dessinée."
Ces deux là vont quand même vivre une année ensemble, soit dans les vignes (la terre est basse, et Leroy est adepte de la méthode PTB "prends ta binette" et vade retro produits chimiques - sans parler de biodynamie)(connaissais pas ça!), soit en visite chez des auteurs de BD ou au siège parisien de Futuropolis. Au cours de cette lecture, on découvrira que pas mal de bouteilles seront ouvertes et des BD lues (liste gouleyante en fin de volume).
Wahou ça c'est de la bonne BD! Qu'en dire de plus après tous les billets louangeurs? Fille, petite-fille (et sans doute encore avant) de vignerons, fan de Davodeau depuis des années, je savais que cette BD, il me la fallait! Je n'ai pas été déçue, d'abord par l'objet, près de 300 pages, c'est du copieux, puis par l'histoire. Grâce à ces deux ignorants notre éducation se fait, sur le travail de la vigne et du dessinateur.
Naïvetés, gaffes, maladresses, mais aussi passerelles entre deux mondes plus semblables qu'on ne le pense, moments d'émotion, de rires, de sérieux aussi.
Parfois on a l'impression d'une BD en train de naître, Davodeau dessine en bout de rang, il doit gérer le changement de faciès de Richard, dont la barbe disparaît aux beaux jours. Dessin en noir et blanc, comme pour Rural! (nota : à relire!)
Pour les dialogues, pas de souci, j'ai beaucoup aimé, l'humour n'est pas absent, et au détour d'une page se découvre une remarque qui fait mouche. Au lecteur de réfléchir s'il le désire.
"A mon avis la qualité d'un vigneron, c'est de comprendre et d'accepter l'individualité de son terroir. J'ai une terre dure, ça fait sa valeur. Je pourrais peut-être produire plus, et il faut bien que je gagne ma vie. Mais la qualité de mes vins passe avant tout."
"Mais tout est subjectif dans le vin!"
"Les modes et le pouvoir de la presse... vous aussi, vous affrontez ça en bande dessinée?"
"J'ai peu de vin à vendre.(...)
Je me fais avoir presque tous les ans: avant récolte, je dis oui à tout le monde. Et puis, en un mois, j'ai plus rien à vendre.
- Nous dans ces cas-là, on a un mot magique.
-Hein?
- Réimpression."
"La dégustation d'un livre est peut-être plus solitaire que celle d'un vin. Mais ils ont ceci de commun que leur goût se déploie et s'affine à la discussion."
A gauche les vignes à 10 minutes à pied de chez moi, à droite la preuve que la vigne (ici à l'abandon) est une liane...On distingue même des petites grappes. (14 juin 2012)
Les avis chez babelio, saxaoul (qui renvoie à plusieurs aussi), ici aussi, avec video et photos des protagonistes,
Promenons-nous dans les bois
Promenons-nous dans les bois
A walk in the woods
Bill Bryson
Anchor Books ou Payot, 2012
Catégorie : à ne pas rater !
Voilà un livre qui devrait plaire à tous ceux qui aiment Bill Bryson (honte et désolation sur ceux qui ne connaissent pas!), la randonnée et/ou paresser à la maison, s'esclaffer fréquemment au cours d'une lecture, s'instruire sans trop d'efforts au sujet de de la faune, la flore et les êtres humains, à ceux capables d'apprécier à la fois la nature sauvage et un peu de civilisation moderne nord-américaine, sans oublier les ours (Lystig!). J'ai oublié des gens?
A la quarantaine, Bill Bryson n'a rien d'un grand sportif, mais visiblement il aime les défis et décide de parcourir l'Appalachian Trail, ce sentier de randonnée courant le long de la chaîne des Appalaches sur plus de 2000 miles.
Il convainc de l'accompagner une vieille connaissance encore moins en jambes que lui, et début mars, voilà Katz et Bryson démarrant en Georgie, ployant sous le faix de lourds sacs à dos. En effet sur ce sentier boisé il peut s'écouler plusieurs jours entre deux points de ravitaillement, et parfois il faut camper. Les abris prévus sont assez rudimentaires de toute façon.
Fatigue, ampoules, découragement, pluie, vent, chaleur, tempête de neige, tout peut arriver, et tout leur arrivera au fil des kilomètres. Moments aussi de communion avec la nature, rencontre avec des animaux, d'autres randonneurs ou aubergistes, dont Bryson brosse des portraits vifs et souvent amusants.
Au fil des pages, sans trop abuser, Bryson glisse quelques informations sur l'histoire géologique et historique du coin, évoque arbres et animaux disparus à cause des maladies ou d'une mauvaise gestion de la nature.
Ses relations avec Katz ne sont pas toujours faciles (par exemple Katz a tendance à alléger son sac en se débarrassant de ce qu'il considère, lui, comme non indispensable), mais il existe des moments où les deux hommes vivent l'expérience de la même façon.
Ajoutons que Bill Bryson a toujours pas mal d'autodérision et une façon bien à lui de présenter les choses, qui rend cette lecture vraiment indispensable, que l'on aie ou pas l'intention de randonner.
Les avis de papillon, chez babelio, perdue dans les livres,
Nouvelles contemporaines
Même si j'avoue une petite préférence pour les romans assez épais où se déploie un monde de personnages, où l'on prend le temps de se caler pour des heures de lecture, revenant des jours d'affilée retrouver une ambiance accueillante, de temps en temps j'aime bien me plonger dans des nouvelles. Deux minces volumes sur mes étagères, et hop, en voilà assez pour un début de soirée sympathique...
Nouvelles contemporaines
Regards sur le monde
Delphine de Vigan
Timothée de Fombelle
Caroline Vermalle
Livre de poche, jeunes adultes, 2012
La curiosité m'a poussée à accepter cet envoi de l'éditeur! De Delphine de Vigan je n'ai lu que No et moi et dans Comptes de Noël j'y retrouve une adolescente surdouée, dont le père est absent.
Timothée de Fombelle propose de courtes vignettes plus autobiographiques, montrant un regard sensible.
Après L'avant-dernière chance, j'attendais un écrit de Caroline Vermalle, ici ce n'est pas un roman (Caroline, alors?), mais tout de même deux nouvelles un peu plus longues que les autres. J'y ai retrouvé son talent à raconter des histoires "qui font du bien au coeur", avec des personnages que l'on pourrait croiser, dans un monde où l'entraide et l'amitié ne sont pas de vains mots. Vincent le déménageur berrichon (!) sentimentalement maladroit devrait conquérir les coeurs.
Ce recueil est édité dans une collection jeunes adultes, mais je confirme qu'un adulte confirmé peut y trouver son compte. C'est aussi intéressant de découvrir rapidement des plumes différentes, non, ce n'est pas formaté, heureusement!
Les avis de saxaoul, Leiloona , Stephie, plume de cajou, nathan,
Un auteur de nouvelles que je voulais aussi découvrir, c'est Magali Duru! Un envoi à l'insu de mon plein gré, et voilà Sur la plage d'Ostende (éditions de l'Atelier, 2012) entre mes mains.
Le Fils de l'Homme, René Magritte, photo prise ici
Invité par des amis à Ostende pour les fêtes de fin d'année, avec son épouse Claire, Marc, le narrateur sort sur la plage de bon matin pour tenter de faire disparaître un début de migraine. Là une bourrasque lui arrache deux boutons de parka, qu'il essaie en vain de retrouver, sous le regard narquois d'un mystérieux homme vêtu d'un manteau noir et d'un feutre gris, ne bougeant pas d'un millimètre, puis réapparaissant lors de son retour chez ses amis.
Une courte histoire dont la fin m'a laissée perplexe (suis preneuse d'éclaircissements) mais que j'ai avalée d'un trait, me laissant prendre par l'écriture au cordeau, le malaise sous-jacent et l'humour affleurant doucement.
Juste un passage au hasard...(on pourrait tout citer)
"Au fond d'un boulevard s'épanouissait une lueur d'opale. Guidé par les senteurs d'iode, poussé dans le dos par une forte brise de tere, j'ai atteint la digue, face à la mer indistincte, rumeur étouffée qui battait son pouls dans une fosse d'ombre."
Un univers et une écriture personnels, un petit format à savourer et à découvrir. Du ciselé!
Les avis de Claude Le Nocher, sur babelio, et Flo
Serial blogger depuis quatre ans
Sous ce titre condensé s'annonce un anniversaire de blog (le mien) et un livre jeunesse (celui de Christine Féret-Fleury)
Un blog où se croisent Bettina, Alice et Naïma, puis la mystérieuse Jane. Toutes parlent de leur vie mais n'affabulent-elles pas un peu? La police enquête sur deux meurtres de jeunes filles, une autre disparaît, Alice et Naïma croient reconnaître Bettina, absente du blog depuis quelque temps...
Un titre accrocheur, un roman garanti sans vampire, loup-garou, ange, juste un serial-killer quand même, un ton plutôt juste, de l'humour, un bon rythme, voilà un roman qui devrait plaire à son public cible, lycéennes ou même collégiennes. Il s'agit bien sûr d'un blog où se racontent ces jeunes filles, qui ne tiennent pas toujours la promesse faite aux parents de ne jamais donner leur adresse mail ... et encore moins rencontrer n'importe qui. J'ignore si ce roman alertera réellement sur les dangers d'internet? J'ai trouvé aussi l'assassin peu crédible en as de l'informatique, alors que les policiers chargés de l'enquête étaient plutôt novices en la matière.. Ceci étant, un roman que j'ai dévoré jusqu'au final!
Maintenant, la partie anniversaire. Hé oui, quatre ans! Près de 800 billets, la plupart dédiés à des lectures. Parfois la tentation d'arrêter, mais c'est tellement marrant de tenter les gens addictif et tant de liens se sont tissés au fil du temps que je continue! En revanche, à un rythme choisi, sans stress. J'en oublie même de suivre les challenges où je me suis inscrite.
Rencontrer des blogueurs(euses) est toujours aussi épatant, et après A girl from earth j'espère bientôt revoir clara et quelques breton(ne)s, quant au festival America 2012, c'est déjà marqué dans l'agenda!
L'oeil de l'esprit
L'oeil de l'esprit
Oliver Sacks
Seuil, 2012
Évidemment ce dernier opus du neurologue et psychiatre new yorkais Oliver Sacks a un titre moins intriguant que son essai L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau, mais il n'en décrit pas moins des histoires passionnantes souvent déconcertantes. Notre cerveau, quand il dysfonctionne, peut faire preuve d'une plasticité permettant une grande faculté d'adaptation, et les pathologies étonnantes évoquées par le docteur Sacks amènent à se poser des tas de questions.
Par exemple, saviez-vous que l'on peut perdre la capacité de lire, tout en étant toujours capable d'écrire (alexie sans agraphie)? Howard, auteur de romans mettant en scène un détective, a perdu du jour au lendemain la faculté de lire. Au lieu de privilégier l'audition, il s'est astreint à réapprendre à lire (lentement), tout en bougeant mains ou langue pour s'aider.
Saviez-vous que "l'équipement permettant de lire est intrinsèque à tout être humain alors que l'écriture est une invention culturelle relativement récente?"
Lilian, excellente pianiste, perdit la possibilité de lire ses partitions, de lire tout simplement et même de reconnaître les objets et les lieux, de façon progressive et inexorable. On la retrouve jouant de mémoire:
" Où suis-je s'écria-t'elle, cette question me fendant le coeur. Elle trouva cependant sa place et se mit à jouer magnifiquement le son s'éleva, fusionna, tournoya... Le regard tourné vers le haut, Lilian chantonna jusqu'à la fin de la mélodie quelle était en train d'interpréter."
L'auteur lui-même se perd facilement (au point de passer devant son immeuble sans le retrouver) et ne reconnaît que difficilement les visages (ce serait génétique). Cela paraît incroyable, mais il semblerait que les gens dans ce cas ne sont pas si rares. (2% des habitants de la planète).
L'une des plus belles histoires est celle de Sue, qui ne disposait pas de vision stéréoscopique, et y accède tardivement à la suite dune rééducation. Pour elle le monde change complètement!
" La neige tombait doucement en gros flocons humides, et je pouvais voir l'espace entre un flocon et un autre, ainsi que leur magnifique danse en trois dimensions. Autrefois, cette neige m'aurait paru tomber à plat, sur un seul plan vertical à peine éloigné de moi: j'aurais eu l'impression de la voir de l'extérieur. Mais désormais j'étais à l'intérieur de cette chute de neige, parmi les flocons."
Après l'expérience inverse de l'auteur, qui suite à un cancer oculaire perd justement cette vision stéréoscopique là, le livre se termine sur les cas différents de plusieurs aveugles, (dont l'un a été capable de monter sur son toit pour le réparer!) et la réaffectation de de certaines aires du cortex visuel au traitement d'informations acoustiques et tactiles.
Vous l'aurez compris, ce livre est tout à fait abordable (quelques pages seulement sont un peu plus compliquées à suivre), permet de comprendre le ressenti de certains malades et d'admirer les capacités incroyables du cerveau.
Les avis de là où les livres sont chez eux, Dominique (ma tentatrice), colimasson,