Le Musée imaginaire de Marcel Proust
Le Musée
imaginaire de Marcel Proust
Tous les tableaux de
A la recherche du temps perdu
Eric Karpeles
Thames & Hudson, 2009
Bonheur, joie et félicité : il fallait que ce livre existât, et il existe.
Tout lecteur de l'oeuvre de Proust sait qu'elle baigne dans les références picturales. L'idée - simple et géniale- était d'exposer en parallèle les passages du roman et les oeuvres
évoquées. Même si certains tableaux ne sont pas réels mais imaginaires, il est toujours possible de choisir une illustration proche et parlante.
Le familier de Proust aura l'impression de le redécouvrir, le néophyte pourra ainsi aborder une oeuvre qui peut effrayer par son ampleur. Je recommande chaudement la découverte de ce
superbe ouvrage!!! Le génie de Proust en sort valorisé et grandi.
"Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, nous le voyons se multiplier, et autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des
autres que ceux qui roulent dans l'infini et, bien de siècles après qu'est éteient le foyer dont il émanait, qu'il s'appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient encore leur rayon spécial."
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"Swann possédait une merveilleuse écharpe orientale, bleue et rose, qu'il avait achetée parce que c'était exactement celle de la Vierge du Magnificat. Mais Madame Swann ne voulait pas la porter.
Une fois seulement elle laissa son mari lui commander une toilette toute criblée de pâquerettes, de bleuets, de myosotis et de campanules d'après la Primavera du Printemps."
La Madone du Magnificat, Sandro Botticelli, 1480-1481
Au sujet des anges (La déploration du Christ, Giotto, 1304-1306)
"Ce sont de petits êtres qui ne manquent pas de voltiger devant les saints quand ceux-ci se promènent; il y en a toujours quelques-uns de lâchés au-dessus d'eux, et comme ce sont des créatures
réelles et effectivement volantes, on les voit s'élevant, décrivant des courbes, mettant la plus grande aisance à exécuter des loopings, fondant vers le sol la tête en bas à grand renfort d'ailes
qui leur permettent de se maintenir dans des positions contraires aux lois de la pesanteur, et ils font beaucoup plus penser à une variété disparue d'oiseaux ou à de jeunes élèves de Garros
s'exerçant au vol plané, qu'aux anges de l'art de la Renaissance et des époques suivantes, dont les ailes ne sont plus que des emblèmes et dont le maintient est habituellement le même que celui
de personnages célestes qui ne seraient pas ailés."

"Il est devenu d'une beauté, il a l'air d'une espèce de Bronzino, il est vraiment admirable."
Portrait dun jeune homme, Bronzino, années 1530
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Cachou 05/10/2009
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Schlabaya 22/10/2009