L'obscure mémoire des armes

2 Avril 2011 , Rédigé par keisha Publié dans #Romans Amérique latine

http://www.editions-metailie.com/img/couv/couv-1040.jpgL'obscure mémoire des armes

Ramon Diaz-Eterovic

Métailié, 2011

 

"Même si les cérémonies publiques et les déclarations convenues essayaient d'enterrer le passé, celui-ci continuait à se glisser par les fissures d'une société habituée aux apparences, aux décors trompeurs et aux compromis en coulisse. Le passé était une blessure qui n'avait jamais été totalement désinfectée et laissait échapper sa pestilence à la moindre inadvertance."

 

Détective privé à Santiago, Hérédia se voit demander par Griseta, avec qui il entretient une liaison passionnée mais hachée, de faire la lumière sur le probable assassinat de German Reyes, dont la soeur est son amie. Il accepte, et poursuit cette enquête à sa façon : il déambule beaucoup dans la ville, n'hésite pas à fréquenter les bars, met sur le coup un policier, un ami qui tient un kiosque, un journaliste et au fil du temps obtient des renseignements, parfois en bousculant les choses, souvent grâce à une réflexion de hasard, y compris de son chat Simenon. Car il y a un chat! Ce chat, "seul animal à avoir réussi à domestiquer l'homme", d'après Marcel Gauss, est gourmand, aime la discussion et  son confort. Horaires flous, récupération après des nuits arrosées, heures dédiées à de bonnes lectures ou à l'amour, un peu d'action quand même, voilà la vie de Hérédia, à la cinquantaine plutôt philosophe.

 

Malgré de l'humour et des dialogues qui font mouche, ce roman est noir, bien noir. Les recherches de Hérédia le mèneront à remuer le passé du Chili : dictature, arrestations, tortures... Les victimes ont encore peur de parler, les bourreaux se sont glissé dans une vie parfois bien tranquille...

 

Une question pour terminer : le Scribouillard, écrivain ami de Hérédia, à mon avis un double de Diaz-Eterovic, fait-il référence au Scribouillard de Vargas Llosa?

 

Une première rencontre avec Hérédia, sans doute pas la dernière.

Merci à l'éditeur et Valérie Guiter.

 

Les avis de biblioblog,

Ys parle de La mort se lève tôt.

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Michel 03/04/2011



lalisé, pour quand j'aurai fini la série des chats qui...



Stephie 04/04/2011



Je note alors et j'irai "zyeuter" en biblio



Jean-Marc Laherrère 04/04/2011



Je ne pense pas que le scribouillard soit une référence à Vargas Llosa, par contre c'est effectivement un double (en forme de clin d'oeil) de l'auteur.


Sinon, les romans de la série peuvent se lire dans le désordre, à part pour les relations avec Griselda et un peu avec son copain Anselmo qui tient le kiosque il y a peu de références d'un roman
à l'autre.



Alex-Mot-à-Mots 05/04/2011



Un polar bien noir et l'histoire du pays en toile de fond, je note.



L'Ogresse 08/04/2011



Il me tente pas mal celui-ci, j'aime le fait aussi qu'il ne se situe pas aux Etats-Unis.



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