La chorale des maîtres bouchers
La chorale
des maîtres bouchersLouise Erdrich
Le livre de poche, 2008
Quatrième de couverture:
1918. De retour du front, Fidelis Waldvogel, un jeune soldat allemand, tente sa chance en Amérique. Avec pour seul bagage une valise pleine de couteaux et de saucisses, il s'arrête à Argus, dans le Dakota du Nord où, bientôt rejoint par sa femme et son fils, il décide d'ouvrir une boucherie et de fonder une chorale, en souvenir de celle des maîtres bouchers où chantait son père. Des années 1920 aux années 1950, entre l'Europe et l'Amérique, ce roman à la fos épique et intime retrace le destin d'une famille confrontée au tumulte du monde.
L'un des grands bonheurs ressentis à la lecture de ce roman, c'est premièrement qu'il répondait à mon attente, à savoir lire une bonne saga familiale et villageoise "de derrière les fagots" qui tourne bien carrément, et l'autre bonheur est d'avoir été tout de même surprise...
En effet Fidélis, sa femme Eva travaillent dur pour élever leurs quatre fils et faire tourner leur boucherie sans rien céder côté qualité.
Mais apparaissent vite deux personnages essentiels, Delphine et Cyprian.
"Comment ne pas aimer un homme qui jonglait avec tant d'intelligence? Comment ne pas aimer un homme qui ne vous lâchait pas pendant que, chez votre père, le shérif, les adjoints et les entrepreneurs des pompes funèbres remontaient trois cadavres de la cave"
La vie n'est pas un long fleuve tranquille, même dans ce bourg américain du fin fond de la campagne, et c'est rarement que l'on vit
"Une vie sans histoires, sans obstacles ni sursauts. Ni calage non plus. C'était le genre de vie dont on ne sait pas au moment où on la vit que c'est une vie heureuse."
La grande Histoire est là mais sans en abuser.
"Fidelis rentra chez lui à pied en douze jours de la grande Guerre, et dormit trente-huit heures dès qu'il se fut glissé dans son lit d'enfant. Quand il s'éveilla en Allemagne, fin novembre 1918, il n'était qu'à quelques centimètres de devenir français sur la carte redessinée par Clémenceau et Wilson, un fait sans importance au regard de ce que l'on pourrait manger."
Je signale tout de même que cette fameuse chorale du titre n'est vraiment qu'anecdotique!
Je m'en voudrais de trop en raconter et vous encourage à découvrir tous les personnages attachants de cette histoire écrite avec fluidité et une grande délicatesse. J'ai aimé l'impression que les durées soient élastiques, de longs passages narrent en détail des événements palpitants, et puis on se retrouve des années plus tard. Ou plus tôt.
Merci à Suzanne de Chez les filles.
Les avis de : Papillon, Kathel, Solenn, geishanellie, La biblio du dolmen, Les mots de Pascale, Aifelle,
Du même auteur : Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse
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