Sunset Park

3 Septembre 2011 , Rédigé par keisha Publié dans #Romans Etats Unis

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51Wrpt3PJPL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU08_.jpgSunset Park

Paul Auster

faber and faber, 2010

 

mais en septembre 2011 chez Actes Sud

 

 

 

 

 

Cher Paul Auster,

 

Depuis des années mes rencontres avec vous (en livre, hélas, seulement en livre) sont des points de repère dans une vie de lectrice. J'adore vos notes en bas de page offrant une histoire bis (La nuit de l'oracle), les trucs improbables (Vertigo), les histoires dans l'histoire, les incursions dans l'imaginaire, les belles histoires contées par Oncle Paul (les plus de vingt ans comprendront l'allusion), et Anna Blume. Même quand c'est moins bien c'est excellent. Même quand j'aurais voulu plus long, je me fais une raison.

 

Quid de ce nouvel opus? Quatre jeunes gens pas loin de la trentaine squattent un immeuble de Sunset Park (Brooklyn). Miles Heller se sent coupable de la mort de Bobby, fils de sa belle-mère, et a quitté le domicile familial sept ans plus tôt. Son histoire d'amour avec Pilar, pas encore majeure, l'oblige à quitter la Floride et revenir à New York, où il compte bien renouer avec ses parents. Bing Nathan, ami de Miles, joue des percussions et vivote à réparer du matériel obsolète dans son Hôpital des objets cassés, Ellen Brice loue des appartements mais sa passion c'est le dessin, et pour écrire sa thèse, Alice Bergstrom visionne le film de William Wyler, The best Years of Our Lives.

 

Récit découpé en chapitres dédiés à ces quatre personnages, plus les parents et la belle mère de Miles. Impeccable, clair, chronologie parfaite, narration maîtrisée, mais j'ai rarement été emportée, j'ai rarement vibré pour les personnages, j'ai même été gênée par certains passages. Un peu frisquet tout cela. Des échos dans les amours de Miles et Ellen, le film de William Wyler comme fil rouge, mais un peu mou quand même. Quelques longueurs (par exemple tous les again sans fin entre Pilar et Miles). Quant à la crise de 2008, elle reste fort discrète.

 

Comme je vous aime toujours, je vais citer les passages où enfin les petites étincelles ont surgi de la nuit. Alice et son regret des paroles perdues ou retenues des vétérans de la seconde guerre mondiale (p 103-104), Ellen face au refus d'Alice de poser pour elle (p120), l'idée de Renzo l'écrivain, un "essai sur les choses qui n'arrivent pas, les vies non vécues, les guerres non advenues, les mondes d'ombre qui courent parallèlement au monde que nous prenons pour le monde réel, le non dit et le non fait, le non remémoré." (p 153, traduction perso), et même la passion pour les joueurs de base ball.

 

Pour me consoler, je vais aller noyer mon chagrin dans l'alcool en lisant les meilleurs crus du passé, espérons-le, tels Léviathan, La trilogie New Yorkaise ou Dans le Scriptorium, que je gardais en réserve pour une telle occasion.

 

Espérant que votre prochain roman me bousculera plus,

keisha

PS (plus tard) Je viens de dévorer les trois volumes de la Trilogie New Yorkaise, ouf, je vous aime toujours!

 

Les avis de Géraldine, pour ce qui est une lecture commune, finalement, et j'avais oublié Voyelle et Consonne

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wens 06/09/2011



J'aime Auster mais ton billet n'est guère encourageant



Alex-Mot-à-Mots 06/09/2011



Flûte, pas une bonne année alors. Tant pis pour ce cru 2011.



Mimi 07/09/2011



Ce livre m'attire beaucoup. Est-il de la même veine de Brooklyn Folies ou de La nuit de l'oracle ? Ou plutôt genre Dans le scriptorium ou Seul dans le noir ...


D'autres critiques semblent pourtant positives.



Mimi 07/09/2011



Merci pour la réponse.


Aujourd'hui, Nathalie Crom, dans Télérama, qualifie ce roman de "subtil", "mélancolique", navré". C'est "un bijou" à sa manière, sûrement très particulière ...



céline 06/10/2011



J'aimerai tellement retrouvé les émois de la lecture des premiers Paul Auster... Je n'ai pas lu celui-ci mais suis régulièrement déçue depuis "Brooklyn foolies". Pourtant j'y crois à chaque fois
!



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