Sur la route

14 Août 2010 , Rédigé par keisha Publié dans #Romans Etats Unis

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41ApQ%2BGT8rL._SL500_AA300_.jpgSur la route

Le rouleau original

Jack Kerouac

Gallimard, 2010

 

C'est alertée par une émission de radio et surtour par le billet enthousiaste de Pickwick que je me suis jetée sur ce roman à la bibliothèque.

Dans le billet de Delphine vous trouverez une carte des voyages, des interviews de l'auteur (dont une en français, avec accent!) et la genèse de l'écriture ce roman.

La ruelle bleue présente aussi un excellent billet (même videos) très complet aussi.

Le billet d'Ofelia, avec de vrais morceaux en VO à l'intérieur.

Voir aussi Le Nouvel Observateur et Libération et Le Figaro

 

 

 

"A toutes blindes", donc...

 

Vous je ne sais pas, mais moi je ne connaissais Kerouac et Sur la route que de nom, sans que ça m'attire plus que ça, quant à ses potes Allen Ginsberg, William Burroughs et surtout Neal Cassady, inconnus au bataillon... Même pas honte. Alors finalement j'ai démarré le bouquin au début sans me poser de questions existentielles ou littéraires, et, ouch là! quelle expérience... Une écriture extraordinaire, dynamitée, nerveuse, vivante, éblouissante (penser à respirer de temps en temps) qui vous emporte tel le Mississipi...


"Lorsque le printemps arrive à New York, je suis incapable de résister à l'appel de la terre, qui me parvient depuis le New Jersey, sur les ailes du vent; il faut que je parte."


De 1947 à 1950, Kerouac effectue plusieurs voyages à travers l'Amérique, des milliers de kilomètres parcourus en stop, bus, automobile, seul ou avec Neal ou un autre ami, avec toujours un prétexte pour prendre la route, mais pas mal d'escales, des rencontres, peu ou pas d'argent et de nourriture mais baste! Du sexe, de l'alcool, de la drogue, et de la musique... (rha le passage génial page 363 et suivantes, quand le sax ténor "chope la pulse", jamais lu un truc pareil).


Faut-il que je vous raconte l'histoire du rouleau? Allez, parce que c'est vous : dans les 30 mètres, fabriqué par Kerouac, qui a tapé son texte à la machine en trois semaines en avril 1951 (mais en suivant des notes et carnets écrits précédemment) (et contrairement à ce qu'on a dit, sans herbe ni benzédrine, mais juste au café, comme Balzac). La fin manque car "le chien l'a mangé". (Si vous voulez tout savoir, c'était un cocker). Evidemment refus des éditeurs, qui demandent du découpage en chapitres, et (hum) quelques coupures des passages les plus "délicats". Voir le billet de Delphine paru ce matin même!


Pour le lecteur actuel, pas de souci, le roman a repris sa tête d'origine. Pas de chapitres, mais des parties, de la ponctuation, bref aucun prétexte pour chouiner que c'est trop difficile.


"Pendant quelques secondes de flottement je n'ai plus su qui j'étais. Je n'avais pas peur, j'étais simplement quelqu'un d'autre, étranger à moi-même; toute ma vie était hantée, une vie de fantôme... J'avais traversé la moitié de l'Amérique, je me trouvais sur le fil, entre l'est de ma jeunesse et l'ouest de mon avenir..."

 

"Les trottoirs grouillaient d'individus les plus beat du pays, avec, là-haut, les étoiles indécises du sud de la Californie noyées par le halo brun de cet immense bivouac du désert qu'est L.A. (...) Le son puissant et indompté du bop s'échappait des bars à bière, métissant ses medleys à toute la country, tous les boogie woogie de la nuit américaine. (...) Des nègres délirants, portant boucs et casquettes de boppeurs, passaient en riant, et derrière eux, des hipsters chevelus et cassées, tout juste débarqués de la route 66 en provenance de New York, sans oublier les vieux rats du désert, sac au dos, à destination d'un banc public devant le Plaza,..."

 

"Elle m'a embrassé sans émotion dans les vignes, et elle s'est éloignée le long de la rangée. A douze pas, on s'est retournés, car l'amour est un duel, et on s'est regardés pour la dernière fois."

 

Pour en savoir plus : lisez-le! Et je pense qu'en VO ça doit être encore mieux.

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Brize 24/08/2010



Emprunté à la bibliothèque, par curiosité : alors que le roman "classique" ne m'avait jamais attirée, cette version-ci, oui, justement pour sa forme.


J'ai lu une cinquantaine de pages (et parcouru les préfaces en diagonale, dont une m'a beaucoup plu, la féminine, de mémoire, car je n'ai plus le livre) et j'aime beaucoup cette façon de
raconter, cette fièvre du récit. Sauf que... ce n'est pas le bon moment, je n'ai pas envie de lire ce genre-là maintenant. Une autre fois, sans doute.



La Nymphette 25/08/2010



Eh bien, moi je suis plutôt comme Dominique, j'étais attirée, je l'ai commandé en V.O
justement, j'ai lu environ 1/3 et je me suis ennuyée. cette quète absurde de sensations à l'emporte pièce et de relations superficielles ne m'a pas du tout emportée. L'écriture effectivement est
une expérience en elle-même, mais je n'y vois nullement un chef d'oeuvre car pour moi dans ce roman rien d'universel, ou si, la médiocrité humaine qui fait peine à voir! (bouh, je suis pas sympa
ce matin ;-))



La Nymphette 25/08/2010



Comme je te le dis, je n'ai pas été jusqu'au bout! ;-) ça ne m'a pas fait envie, mais j'ai bien peur que certains paumés  y trouvent une sorte de voie "anarchiste"



**Fleur** 28/08/2010



Faut vraiment que je le lise pour combler mon ignorance :)



Marie 30/08/2010



Ton billet me tente bien, même si ça a l'air d'un roman très particulier...


 



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